« La Corde Au Cou » : L’exploitation sexuelle des enfants à des fins commerciales, exposée au grand jour  Art & Culture

Parler de la sexualité, ou plus fort encore, de l’exploitation sexuelle des enfants à des fins commerciales (ESEC) est le pari fou d’un groupe d’étudiant, lors de la dernière édition du Rencontre du Film Court Madagascar. Ils ont gagné le pari, car le court métrage a connu un succès fou dans les réseaux sociaux. Après 10 jours de mise en ligne (depuis le 30 mai 2017), le film, qui s’intitule « La corde au cou » a déjà été vu par plus de 13.600 personnes sur YouTube.


 Un film produit en 4 jours 

« La Corde Au Cou » a été tourné et finalisé en à peine 4 jours, pour l’atelier « Kino Malagasy », du Rencontre du film court. « Décor, scenario, équipe, réalisation, mise en scène post production… Tout en 3 jours, et en même temps je transmettais un savoir aux étudiants. Je me demande comment j’ai pu amener le projet au bout », raconte Malika Zairi, la réalisatrice qui a aidé le groupe d’étudiant dans ce projet. Le film, d’une durée de 2.59 mn, parle d’une jeune femme qui s’appelle Sandra. Elle a 17 ans mais est déjà maman d’une petite fille de 3 ans. Délaissée par le père de son enfant dès qu’elle est tombée enceinte, elle n’a trouvé aucune autre solution, à part se prostituer, afin de subvenir à ses besoins et à ceux de sa fille. Malika Zairi, la réalisatrice d’origine Franc-Marocaine et Fitia, l’actrice qui joue le rôle de Sandra racontent, que pour produire ce court métrage, le petit groupe a rencontré une personne en situation de prostitution, qui leur a révélé quelques détails de ce milieu encore tabou pour les Malagasy.

 Un fait réel  

Etant donné qu’il s’agit d’un sujet encore sensible, l’on est en droit de se demander comment ils ont eu l’idée de parler de l’ESEC dans un film court. « J’ai travaillé dans le domaine de la protection des mineurs, je ne pouvais pas ne pas faire un film sur le sujet », explique Malika Zairi, qui a été assistante sociale en France pendant 15 ans. « Je plains vraiment ces mineurs qui sont obligés de se vendre pour gagner de l’argent. Normalement, elles  devraient encore être en âge de jouer et de s’amuser », se lamente Fitia. C’est pourtant un fait en train de se banaliser, si l’on se fie au statistique que l’ONG ECPAT France a révélé en 2013 : parmi les 1.237 personnes en situation de prostitution dans la commune urbaine d’Antananarivo, 1.132 sont mineures ! Un autre fait que cet ONG tient à préciser : aucun mineur n’a choisi de se prostituer. Ils ont été obligés, d’une manière ou une autre, à vendre leur corps. Ainsi, ils sont victimes d’exploitation sexuelle à des fins commerciales.

La Corde Au Cou est un documentaire de sensibilisation assez court, mais aussi très poignant, car révélant une réalité que l’on ignore ou que l’on fait semblant d’ignorer. Voici la vidéo, à méditer !

 Illustration  : Malika Zairi (la réalisatrice qui a aidé le groupe d’étudiant dans ce projet) 

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