Michel RAKOTOBE : Photographe depuis l’âge de 12 ans, ce métier a failli lui faire perdre la vie ! #imamuse

Du plus loin que je me souvienne, j’ai  toujours aperçu ce petit homme svelte et pleine d’énergie, sillonner Tanà et ses environs, portant avec lui un éternel sac à longue anse. Je l’ai connu comme RAKOTOBE, le photographe. Plus tard, j’ai eu l’occasion de travailler avec ce monsieur, qui est actuellement quinquagénaire, et j’ai voulu percer son mystère…


La photographie, une vocation

Il s’appelle RAKOTOBE Michel et effectivement, il est photographe de profession. « J’ai commencé à me passionner pour la photographie à l’âge de 12 ans, raconte-t-il. J’étais encore collégien à l’époque et j’avais des camarades de classes qui aimaient bien pauser pour moi pendant les récréations. Je leur vendais les photos après. L’argent que je gagnais, je l’utilisais comme argent de poche, pour m’acheter des vêtements, pour aider mes parents… ». Pour RAKOTOBE, être photographe exige le  talent, mais plus encore, pour  son cas, la photographie est une vocation. Aucun membre de sa famille ne l’a initié à cet art qui demande de la vivacité et de la perspicacité. Il est autodidacte mais il a ensuite suivi quelques formations de renforcement de capacité à l’ex centre culturel Albert Camus Analakely. C’est ainsi qu’en 1980, il est devenu photojournaliste.

Conservateur de patrimoine

De nombreuses presses écrites ont collaboré avec RAKOTOBE, car il ose parcourir tout Madagascar, sans l’aide financière de personne, pour couvrir de grands évènements politiques, sociaux ou culturels. « Je ne m’en fais pas, dit-il. Je sais que mes photos trouverons toujours preneurs, ainsi, ce que j’ai investi dans mes voyages me reviendra toujours ». De ce fait, RAKOTOBE possède de nombreuses photos exclusives et précieuses de toutes sortes d’évènements. Il a un petit trésor de 500 pellicules, qu’il a conservé entre 1980 et 1991. Il dispose également de 50.000 photos d’évènements. « J’ai été le photographe officiel de nombreux politiciens, de chanteurs, dessportifs, des églises… Ainsi, j’ai été par exemple, le photographe à qui on a fait appel lors de la création de la FFKM », se souviens RAKOTOBE. A part les clichés et les pellicules, notre photographe a aussi en sa possession pas moins de trois valises d’archives de toutes sortes : livres, documents, coupures de presse… qu’il garde soigneusement, loin des voleurs ou des incendies. Ce qui lui a valu le titre de conservateur de patrimoine.

Photojournaliste, un métier dangereux

Mais le métier de photographe n’est pas de tout repos, encore plus lorsque l’on est photojournaliste. « Les manifestations, pacifiques ou pas ; les bombes lacrymogènes, ça me connaît, raconte RAKOTOBE avec fierté. En 1991, j’ai piétiné les fameuses rizières minées…» Et même en affrontant tous les aléas du métier, il n’est jamais tombé malade, sauf une seule fois, en 1979. «C’était pendant les festivités pascales à Antsirabe. Du haut d’un grand immeuble, j’ai essayé de prendre en photo les pousse-pousses  et j’étais tombé du 5ème étage. J’ai été hospitalisé, mais je ne voulais pas rester alité. Je voulais terminer mon reportage. Et bizarrement, j’étais rétabli plus vite que l’on ne soupçonnait », narre-t-il. Une fois même, RAKOTOBE a failli connaître le pire, pour l’amour de la photographie. Il raconte : « J’ai fait un reportage sur les 12 collines de l’Imerina et j’étais partie à Ikaloy Sadabe, lieu de naissance du roi Andrianampoinimerina. Un petit garçon s’est proposé pour être mon guide. Au retour, le « Fokonolona » m’attendait avec  des pierres et des bâtons. Ils croyaient que j’avais enlevé le petit garçon. Heureusement, j’avais ma carte de presse ».

Une grande exposition en perspective

Des anecdotes comme celui-ci, RAKOTOBE en a beaucoup, tellement il est passionné par son métier. Il est maintenant en train de former, petit à petit, ses relèves, qui  sont ses deux fils, aîné et benjamin. Quant à ses projets d’avenir, pour le mois d’avril prochain, il prévoit d’exposer quelques clichés retraçant la vie de la partie politique PSD, depuis 1947 jusqu’à la deuxième république, dans les régions de SAVA et de DIANA et pourquoi pas dans tout Mada ? Pour Tanà, cette exposition a déjà eu lieu à la bibliothèque nationale, au mois de février dernier, et a attiré pas moins de 3.000 visiteurs en 3 jours. RAKOTOBE projette également de faire une grande exposition de photo et d’autres archives, retraçant la vie politique et sociale à Madagascar, depuis 1947 jusqu’à aujourd’hui.  En attendant ce grand jour, je suis certaine de rencontrer encore Michel RAKOTOBE , un peu partout, à la recherche d’un petit instant digne d’être immortalisé en photo…

 

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