Mireille Sylvie RAKOTOMANOELINA : Une créatrice talentueuse qui travaille dans l’ombre Art & Culture

L’artisanat malgache n’a jamais été aussi célébré dans le monde, que ces quelques dernières années. L’on ne citera, à titre de preuve, que l’apparition d’un sac typiquement malgache, dans le film « Me Before You », sur l’épaule de l’actrice Emilia Clarke, en 2016. Mireille Sylvie Tsiorimboahangy RAKOTOMANOELINA, quant à elle, a cru depuis longtemps au potentiel de l’artisanat malgache, aussi bien pour l’export que pour le marché local. Elle nous livre sa vision et raconte son parcours dans ce métier qui est celui de styliste, modéliste et designer dans l’artisanat malgache.


Du tourisme à l’artisanat

Mireille Sylvie est toujours souriante et dynamique. Cela se voit tout de suite qu’elle est le genre de femme qui ne s’endort pas sur ses lauriers. Elle cherche sans cesse à innover et à aller plus loin. Elle a étudié le tourisme et la gestion financière, et pourtant, c’est dans l’artisanat malgache que cette jeune femme évolue depuis plusieurs années déjà. « Un de mes professeurs m’a dit que je suis faite pour diriger ma propre entreprise. Cela m’est resté gravé dans la pensée. Mais j’ai commencé par travailler comme employé, pendant cinq ans. Cela m’a aidé à acquérir de l’expérience. En même temps, je faisais déjà des études de marché. J’ai constaté alors que comme moi, beaucoup de femmes aiment posséder des objets uniques et originaux», explique Mireille. C’est ainsi que l’idée lui est venue d’investir l’artisanat malgache. Elle a commencé par créer des bijoux fantaisie et des sacs. Elle a également du talent pour la création de vêtements, mais elle consacre le plus clair de son temps dans la fabrication d’accessoires de mode. Mireille Sylvie adore façonner les différentes sortes de pierres existantes à Madagascar, lorsqu’elle crée ses bijoux. « On en trouve de toutes les couleurs », s’enthousiasme-t-elle. Elle sait aussi manier le raphia, une matière très tendance en ce moment sur le marché international. La maroquinerie est un autre domaine qui la fascine, seulement, travailler le cuir n’est pas vraiment chose aisée pour une femme, se plaint-elle, car c’est un travail qui demande beaucoup de forces au niveau des bras.

Pas besoin de fumer pour trouver l’inspiration

Mireille Sylvie a repris ses études lorsqu’elle a décidé de se consacrer entièrement à l’artisanat malgache. Elle s’est formée à la maroquinerie, le design et l’import-export. Actuellement, elle est styliste, modéliste et designer du label MANANTSOA Création. Elle collabore, en outre, discrètement avec d’autres stylistes. Mireille Sylvie puise son inspiration au fil de ses rencontres avec les autres créateurs. « J’avais Hans RANAIVOSON, un designer très réputé, comme professeur. Il a dit qu’il n’est nul besoin de fumer pour trouver l’inspiration. On n’a pas non plus besoin de chercher très loin. On peut très bien partir de ce que les yeux voient pour en faire une référence culturelle. Ainsi, on ne sera pas tenté de copier les autres ». Cette leçon, Mireille Sylvie l’a gardée et elle en a fait une règle pour toutes se créations. Et depuis, on s’arrache les chefs-d’œuvre de cette créatrice discrète qui travaille presque dans l’ombre. Parfois même, certaines personnes désirent acheter ce qu’elle porte sur elle !

2ème prix du 7ème salon de la mode de Mayotte

Son talent a emmené Mireille Sylvie sur les podiums internationaux. Elle a déjà participé à quelques évènements de mode de l’Océan Indien. En novembre 2016, elle a même remporté le deuxième prix de la catégorie professionnelle, pendant le 7ème salon de la mode de Mayotte, sous le thème « Eco design ». Mais son plus grand rêve, c’est de participer à des défilés de mode sur les podiums de Paris, de Londres ou encore de New-York. Malheureusement, jusqu’ici, elle n’a jamais reçu aucune forme de soutien de la part des autorités. Pour toutes ses participations à des concours internationaux, elle a dû se débrouiller toute seule. Cela dit, Mireille Sylvie ne désespère pas. Elle compte aller toujours plus haut, toujours plus loin, même si ce métier est un défi de tous les jours. Elle a même tenu à exhorter les jeunes à suivre sa voie : « Je ne comprends pas pourquoi les jeunes boudent ce métier, alors qu’il est plein de possibilités et de débouchées. Le tout est de savoir bien cibler les potentiels clients. Nous pouvons nous ouvrir à d’autres marchés que celui européen. Nous pouvons parfaitement concurrencer les autres pays ! ».

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